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Vieillissement : entre domicile et EMS, l’offre d’alternatives mérite une meilleure visibilité

24/05/2016

Grâce au tout récent « Dossier 52 » de l’OBSAN (disponible en allemand uniquement, avec une synthèse en français), on dispose – pour la première fois – d’un aperçu de l’offre nationale en matière de « structures intermédiaires ». Qu’il s’agisse de logements spécifiquement conçus pour des personnes âgées – avec ou sans prestations annexes – de foyers de jour et/ou de nuit ou encore de lieux de courts séjours, ces structures s’adressent aux personnes qui ne peuvent plus rester sans autre dans leur domicile usuel, mais qui disposent néanmoins d’une autonomie suffisante pour ne pas entrer en EMS pour un séjour de durée indéterminée.

On le sait, face au vieillissement croissant de la population, les pouvoirs publics misent très largement sur le développement de ces structures, car tout en étant moins chères à exploiter que des lits d’EMS (pour des personnes ne nécessitant que peu de soins et/ou accompagnement), elles correspondent aux vœux de la population. Les initiatives privées en la matière n’ont, quant à elles, pas attendu le réveil des pouvoirs publics, et elles foisonnent. Dès lors, un monitoring attentif devrait s’imposer, de manière à articuler ces initiatives aux planifications sanitaires cantonales.

Or, comme le dossier de l’OBSAN le démontre indirectement, cela n’est guère le cas. Si les prestataires de soins LAMal sont tous l’objet de statistiques fédérales, cela n’est pas le cas des structures intermédiaires qui n’en proposent pas directement (mais par contre dans lesquelles les organisations de soins à domicile interviennent généralement). De ce fait, pour dénombrer ces structures intermédiaires, le bureau ECOPLAN  - qui a réalisé le Dossier 52 sur mandat de l’OBSAN – s’est donc adressé à chaque canton, voire parfois à des associations ou organismes privés. Faute d’une sémantique nationale claire en la matière, il a fallu regrouper des offres aux contenus variables dans des catégories, du coup, forcément larges.

Ainsi, tout en offrant une première évaluation de cette offre, le rapport de l’OBSAN a le mérite de pointer – en creux – sa visibilité et sa lisibilité très variables, selon les cantons.

L’émergence d’une sémantique nationale commune en la matière faciliterait l’inventaire de l’offre existante, dans chaque canton et au niveau fédéral, de la valoriser, d’en faire la promotion, et en sachant de quoi il est question d’en promouvoir une utilisation rationnelle, de façon à diminuer le nombre de trajectoires de patients inappropriées et coûteuses. Dit autrement : sans une telle visibilité, que ce soit pour les prescripteurs (médecins de ville, soins à domicile, pharmaciens, etc.) ou pour la population elle-même, il apparaît difficile d’en assurer une utilisation rationnelle et complète.

L’association CURAVIVA a proposé dans ce sens un premier essai, avec la publication, en 2015, de deux lexiques, en allemand et en français, mentionnés par les auteurs du rapport de l’OBSAN. L’élaboration du lexique romand, avec un tableau comparatif des offres et des appellations, a mis en évidence, d’un côté la diversité heureuse des offres, mais de l’autre l’hétérogénéité des dénominations et la confusion que celles-ci peuvent générer en matière de planification.

Le rapport 52 de l’OBSAN est donc un premier pas très utile. Sans doute sera-t-il suivi d’autres, devant permettre à terme d’améliorer la qualité des informations statistiques disponibles sur ce secteur et ainsi sa visibilité. Une telle évolution serait assurément une contribution pertinente à la relève des défis posés par le vieillissement.

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